Le décret infirmier 2025 déçoit les attentes des infirmiers libéraux avec une revalorisation partielle et une reconnaissance limitée des compétences avancées. Les IDEL espéraient depuis longtemps une adaptation de la NGAP et une meilleure reconnaissance de leurs pratiques élargies.
Introduction
La réforme infirmière prévue pour 2025 promettait d'être une refonte ambitieuse du rôle et du statut des soignants. Pourtant, les dernières versions du décret laissent craindre un recul : revalorisation partielle, reconnaissance limitée des compétences et peu de changements concrets sur le terrain.
1. Une réforme très attendue par les infirmiers
Depuis plusieurs années, les infirmiers libéraux (IDEL) réclament une adaptation de la NGAP et une reconnaissance élargie de leurs compétences, notamment en matière de pratiques avancées, de coordination des soins et de prévention.
La version en vigueur de la NGAP au 9 avril 2025 montre déjà quelques évolutions, notamment sur les indemnités de déplacement (IFI, IK) ou les forfaits dépendance BSA, BSB, BSC. Mais ces avancées restent techniques : elles ne modifient pas fondamentalement la pratique ni la valorisation globale du métier.
Retrouvez la NGAP en vigueur sur ameli.fr.
2. Quand la prudence politique freine l'ambition professionnelle
Si le décret 2025 se limite à une mise à jour administrative sans réforme structurelle, les infirmiers risquent d'y voir un signal négatif.
Les attentes portaient sur :
- Une meilleure rémunération des soins relationnels et préventifs
- L'élargissement du champ d'autonomie clinique
- Une intégration renforcée dans le parcours de soins coordonnés
Or, en misant sur la prudence, le gouvernement pourrait créer un fossé entre le discours d'ambition affiché et la réalité du terrain. Résultat : démotivation, perte d'attractivité du métier, et difficulté à recruter ou à maintenir des soignants en libéral.
3. Les conséquences possibles pour les IDEL
Une réforme "retenue" aurait plusieurs effets directs :
- Stagnation des revenus : sans revalorisation de la lettre-clé AMI ni des coefficients, les marges de progression resteraient minimes
- Complexité accrue : les nouvelles règles de facturation (BSI, forfaits, coordination) exigent déjà une expertise fine de la NGAP. Sans simplification, les erreurs et rejets de factures risquent d'augmenter
- Moindre attractivité du libéral : les jeunes diplômés, déjà fragilisés, pourraient renoncer à l'installation
4. Et si les IDEL prenaient les devants ?
Face à un décret peut-être timide, les infirmiers libéraux peuvent renforcer eux-mêmes leur position :
- En développant leurs compétences en coordination et éducation thérapeutique
- En rejoignant des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) — voir sante.gouv.fr
- En s'appuyant sur des structures qui facilitent la gestion, la formation et la mise en conformité NGAP
Conclusion
Si la réforme infirmière 2025 se limite à la retenue, elle risque de manquer son objectif : redonner souffle à une profession essentielle. Les IDEL devront alors miser sur la coopération, la formation et la valorisation de leur expertise pour maintenir leur place dans le système de soins.
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Questions fréquentes
Experte en accompagnement IDEL chez Maison des Infirmiers, Camille accompagne les IDEL depuis leur installation jusqu’à leur gestion quotidienne.