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Cotation des pansements : AMI 2, 3, 4 - quand et comment ?

CR
Camille Rousseau
Co-fondatrice, IDEL depuis 6 ans
·15 février 2025 · 7 min de lecture
En résumé

La cotation des pansements selon la NGAP (AMI 2, 3, 4) est une source fréquente de litiges avec la CPAM. Ce guide aide les professionnels à appliquer correctement la nomenclature en fonction de la complexité de la plaie.

Cotation des pansements : AMI 2, 3, 4 - quand et comment ?

La cotation des pansements est l'une des sources de litiges les plus fréquentes avec la CPAM. Entre sous-cotation par prudence et sur-cotation par méconnaissance, les erreurs sont courantes. Ce guide vous aide à appliquer la NGAP correctement.

Le principe général de cotation des pansements

La NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels) classe les pansements en plusieurs niveaux selon la complexité de la plaie et du soin. La cotation AMI correspond aux Actes de soins infirmiers, et la valeur de l'AMI est fixée par la convention nationale.

La règle de base : vous cotez selon la nature réelle de la plaie, pas selon le temps passé. C'est l'état clinique de la plaie qui détermine le niveau AMI.

AMI 2 - Pansement de plaie simple

Indications :

  • Plaie chirurgicale simple, cicatrisation dirigée sans complication
  • Escarre de stade 1 ou 2 superficielle sans infection
  • Plaie traumatique superficielle propre
  • Sutures simples, agrafes post-opératoires

Critères : Plaie propre, sans necrose, sans signes infectieux, de petite taille, sans détersion nécessaire.

Exemple concret : Mme Dupont, 70 ans, pansement post-chirurgical après prothèse de hanche, cicatrice propre en bonne voie de cicatrisation. Cotation : AMI 2.

AMI 3 - Pansement de plaie complexe

Indications :

  • Plaie infectée nécessitant une antisepsie renforcée
  • Plaie avec détersion mécanique necessaire
  • Ulcere de jambe veineux ou artériel
  • Escarre de stade 2 profonde ou stade 3
  • Plaie chirurgicale avec complication (desunion, infection)
  • Pansement avec méchage ou mise à plat

Critères : Plaie nécessitant une technique de soin spécifique, un temps de réalisation prolongé, des produits spéciaux (alginate, hydrocolloide actif, etc.).

Exemple concret : M. Martin, 82 ans, ulcere veineux de la jambe droite de 4 cm², bords macérés, fond fibrineux nécessitant détersion. Cotation : AMI 3.

AMI 4 - Brulure et pansement très complexe

Indications :

  • Brulures du 2eme ou 3eme degré (sauf brulures étendues supérieures à 20% SCT, hospitalisées)
  • Escarre de stade 3 ou 4 profonde, excavée
  • Plaie nécessitant une irrigation prolongée
  • Pansement sous-vide (VAC therapy) en dehors de l'hospitalisation

Critères : Plaie particulièrement sévère ou technique de soin très spécialisée.

Exemple concret : Mme Bernard, 75 ans, escarre sacrée de stade 4 avec exposition osseuse, nécessitant détersion chirurgicale et pansement VAC. Cotation : AMI 4.

Cumul des pansements avec la MAD (Mise A Disposition)

Si vous prêtez du matériel de pansement au patient (flacon de sérum physiologique, compresses, etc.), vous pouvez facturer une MAD en supplément du pansement. La MAD est cotée sous forme de forfaits selon le type de matériel.

Attention : Le matériel de pansement "haut de gamme" (hydrocolloide, alginate, pansement à l'argent) prescrit par le médecin est facturé séparément en LPP (Liste des Produits et Prestations), pas en MAD.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Coter systématiquement AMI 2 par précaution : c'est de la sous-cotation si la plaie justifie un AMI 3 ou 4
  • Coter AMI 4 pour une simple plaie infectée sans critère de complexité réelle
  • Ne pas recoter lorsque la plaie évolue : si une plaie AMI 2 se complique, réévaluez la cotation
  • Oublier la prescription : tout pansement complexe (AMI 3 et 4) doit être prescrit par le médecin avec la mention de la nature de la plaie

En cas de doute, documentez votre dossier patient avec une description précise de la plaie (taille, stade, aspect) à chaque visite. Cette traçabilité est votre meilleure protection en cas de contrôle.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la NGAP ?+

La NGAP est la Nomenclature Générale des Actes Professionnels qui classe les pansements selon leur complexité.

Pourquoi y a-t-il des litiges avec la CPAM ?+

Les erreurs de cotation sont courantes entre sous-cotation par prudence et sur-cotation par méconnaissance.

Comment bien coter un pansement ?+

Il faut appliquer la NGAP correctement en considérant la complexité de la plaie et du soin.

Quels sont les niveaux de cotation ?+

Les pansements sont classés en plusieurs niveaux (AMI 2, 3, 4) selon la complexité de la plaie.

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Camille Rousseau
Co-fondatrice, IDEL depuis 6 ans

Experte en accompagnement IDEL chez Maison des Infirmiers, Camille accompagne les IDEL depuis leur installation jusqu’à leur gestion quotidienne.

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