Le sondage urinaire à domicile regroupe plusieurs actes NGAP distincts, du cathétérisme urétral au changement de sonde à demeure, chacun avec son propre coefficient AMI. Cet article détaille les cotations exactes de l'article 6 de la NGAP (soins portant sur l'appareil génito-urinaire), version en vigueur du 21 juin 2026, ainsi que les règles de cumul et les erreurs de facturation à éviter.
Le sondage urinaire fait partie des actes techniques les plus fréquents en tournée à domicile, en particulier chez les patients âgés, alités ou porteurs de pathologies neurologiques. Pourtant, sa cotation NGAP reste source de confusion : cathétérisme, changement de sonde, instillation vésicale et éducation à l'autosondage relèvent de coefficients différents, avec des règles de cumul spécifiques.
Cet article détaille les cotations exactes prévues par l'article 6 du titre XVI de la NGAP, dans sa version en vigueur depuis le 21 juin 2026, ainsi que les erreurs de facturation les plus fréquentes sur ces actes.
Les actes NGAP liés au sondage urinaire : tableau récapitulatif
La NGAP regroupe les soins portant sur l'appareil génito-urinaire dans l'article 6 du titre XVI, chapitre I. Ces actes sont cotés en AMI (acte médico-infirmier), avec une valeur de lettre-clé fixée à 3,15 euros en métropole.
| Acte | Coefficient | Valeur 2026 |
|---|---|---|
| Cathétérisme urétral chez la femme | AMI 3 | 9,45 euros |
| Cathétérisme urétral chez l'homme | AMI 4 | 12,60 euros |
| Changement de sonde urinaire à demeure chez la femme | AMI 3 | 9,45 euros |
| Changement de sonde urinaire à demeure chez l'homme | AMI 4 | 12,60 euros |
| Éducation à l'autosondage (sondage éventuel compris, max 10 séances) | AMI 3,5 | 11,03 euros |
| Réadaptation de vessie neurologique (sondage éventuel compris) | AMI 4,5 | 14,18 euros |
| Instillation et/ou lavage vésical (sonde en place) | AMI 1,25 | 3,94 euros |
| Pose isolée d'un étui pénien (une fois par 24 heures) | AMI 1 | 3,15 euros |
| Retrait de sonde urinaire | AMI 2 | 6,30 euros |
Ces coefficients sont ceux publiés dans la version de la NGAP en vigueur au 21 juin 2026, disponible sur ameli.fr. Ils s'appliquent quel que soit le contexte (domicile, EHPAD), tant que l'acte est réalisé par un infirmier libéral conventionné.
Cathétérisme urétral : la première pose de sonde
Le cathétérisme urétral correspond à la première pose d'une sonde vésicale, qu'elle soit évacuatrice ou destinée à rester en place (sonde à demeure). La NGAP distingue deux coefficients selon le sexe du patient :
- AMI 3 (9,45 euros) chez la femme
- AMI 4 (12,60 euros) chez l'homme
Cet écart de cotation reflète la différence de complexité technique liée à l'anatomie urétrale masculine, qui rend le geste plus long et plus délicat à réaliser en toute sécurité.
Ce que couvre la cotation
Le coefficient AMI 3 ou AMI 4 couvre l'ensemble du geste : préparation du matériel stérile, désinfection, pose de la sonde, gonflage du ballonnet le cas échéant, raccordement au sac collecteur et vérification du bon écoulement des urines. Aucune ligne supplémentaire ne peut être ajoutée pour ces étapes, qui font partie intégrante de l'acte.
Prescription et indications
Le cathétérisme urétral s'inscrit dans le rôle infirmier sur prescription médicale. L'ordonnance doit préciser le motif (rétention aiguë, incontinence, suivi post-chirurgical, pathologie neurologique) et, le cas échéant, le calibre de sonde recommandé. En l'absence de prescription explicite, mieux vaut contacter le médecin avant d'intervenir plutôt que de facturer un acte non couvert.
Changement de sonde urinaire à demeure
Une fois la sonde posée, son changement périodique est un acte récurrent en tournée. La NGAP applique les mêmes coefficients que pour la première pose :
- AMI 3 (9,45 euros) chez la femme
- AMI 4 (12,60 euros) chez l'homme
Fréquence de changement
La fréquence de changement dépend du type de sonde (silicone ou latex) et des recommandations du fabricant, généralement toutes les quatre à six semaines pour une sonde en silicone, plus fréquemment pour une sonde en latex. La prescription médicale ou le protocole de service fixe la périodicité exacte ; en l'absence d'instruction précise, les recommandations du fabricant du dispositif font foi.
Vigilance sur les infections urinaires associées aux soins
Le changement de sonde est un moment à risque infectieux. Le respect strict de l'asepsie (gants stériles, champ stérile, antisepsie du méat urétral) limite le risque d'infection urinaire associée aux soins, une complication fréquente chez les porteurs de sonde à demeure au long cours. Toute fièvre, urine trouble ou malodorante doit être signalée au médecin traitant sans attendre le prochain changement programmé.
Instillation et lavage vésical : une cotation distincte
Lorsque la sonde est déjà en place et qu'il s'agit uniquement d'instiller un produit médicamenteux ou de réaliser un lavage vésical, la cotation change radicalement : AMI 1,25 (3,94 euros), contre AMI 3 ou AMI 4 pour une pose ou un changement complet.
Cette différence de coefficient illustre un principe clé de la NGAP : la cotation reflète la complexité technique réelle du geste, pas seulement la zone anatomique concernée. Une erreur fréquente consiste à coter une instillation vésicale au tarif d'un changement de sonde, ce qui expose à un rejet ou à un contrôle CPAM en cas de vérification.
Éducation à l'autosondage et rééducation vésicale
Deux actes spécifiques concernent l'apprentissage de l'autosondage par le patient lui-même :
- Éducation à l'autosondage (sondage éventuel compris), dans la limite de dix séances : AMI 3,5 (11,03 euros)
- Réadaptation de vessie neurologique (sondage éventuel compris) : AMI 4,5 (14,18 euros)
La NGAP précise explicitement que ces deux cotations ne sont pas cumulables avec celles du cathétérisme urétral ou du changement de sonde urinaire réalisés au cours de la même séance. Il s'agit d'une seule et même prise en charge, facturée sous l'angle éducatif ou rééducatif plutôt que sous l'angle du geste technique isolé.
Ces actes concernent en particulier les patients atteints de pathologies neurologiques (sclérose en plaques, lésion médullaire, spina bifida) pour lesquels l'autosondage intermittent est la technique de référence recommandée en première intention, avant la pose d'une sonde à demeure au long cours.
Retrait de sonde urinaire : une dérogation utile à connaître
Le retrait de sonde urinaire est coté AMI 2 (6,30 euros). Cet acte bénéficie d'une dérogation spécifique aux règles habituelles de cumul : la NGAP autorise son association avec la surveillance de drain de Redon et/ou son retrait postopératoire (AMI 2,8) ainsi qu'avec une séance de surveillance postopératoire, sans application de la dégressivité prévue par l'article 11B des dispositions générales.
Concrètement, cela signifie que ces actes peuvent être facturés chacun à taux plein lors de la même séance, à condition qu'ils correspondent effectivement à la situation clinique du patient (sortie d'hospitalisation récente avec plusieurs dispositifs à retirer, par exemple).
Pose isolée d'un étui pénien : une alternative non invasive
Pour les patients masculins présentant une incontinence urinaire sans indication de sondage, la pose d'un étui pénien (collecteur externe) constitue une alternative non invasive. Cet acte est coté AMI 1 (3,15 euros), facturable une fois par période de vingt-quatre heures.
L'étui pénien réduit le risque infectieux par rapport à une sonde à demeure et améliore le confort du patient lorsque la situation clinique le permet. Il ne se substitue pas à un sondage en cas de rétention urinaire avérée.
Règles de cumul : ce qu'il faut retenir
L'article 11B des dispositions générales de la NGAP fixe la règle de référence pour les actes multiples réalisés au cours de la même séance : l'acte au coefficient le plus élevé est facturé à taux plein, le second acte à 50 % de son coefficient, et les actes suivants ne sont pas facturables.
Pour les actes liés au sondage urinaire, deux exceptions notables s'appliquent :
- Le retrait de sonde urinaire peut se cumuler à taux plein avec la surveillance de drain de Redon et une séance de surveillance postopératoire (dérogation explicite de l'article 6).
- L'éducation à l'autosondage et la réadaptation de vessie neurologique ne sont jamais cumulables avec le cathétérisme urétral ou le changement de sonde, car il s'agit du même geste facturé sous un angle différent.
En dehors de ces cas précis, la règle générale de dégressivité s'applique normalement si un second acte technique est réalisé au cours de la même séance de soins.
Majorations et frais de déplacement applicables
Comme pour tout acte AMI réalisé au domicile du patient, le sondage urinaire ouvre droit aux indemnités et majorations habituelles :
| Élément | Montant 2026 |
|---|---|
| Indemnité forfaitaire de déplacement (IFD) | 2,75 euros |
| Indemnité kilométrique plaine (IK) | 0,35 euro/km |
| Majoration nuit (20h-23h et 5h-8h) | 9,15 euros |
| Majoration nuit profonde (23h-5h) | 18,30 euros |
| Majoration dimanche et jours fériés | 8,50 euros |
Les majorations de nuit et de dimanche/jour férié ne se cumulent pas entre elles : une seule s'applique selon l'horaire réel de l'acte. La valeur de l'AMI elle-même évoluera avec l'avenant 11 à la convention nationale des infirmiers, entré en vigueur le 6 mai 2026 : elle passera de 3,15 euros à 3,35 euros en novembre 2026, puis à 3,45 euros en novembre 2027.
Erreurs de facturation fréquentes à éviter
Confondre instillation et changement de sonde. L'instillation vésicale (AMI 1,25) ne couvre pas la manipulation complète de la sonde. Coter un changement de sonde (AMI 3 ou AMI 4) alors que seule une instillation a été réalisée constitue une surfacturation détectable en cas de contrôle.
Cumuler éducation à l'autosondage et cathétérisme. Ces deux cotations concernent le même geste sous deux angles différents et ne sont pas cumulables sur une même séance.
Oublier la dérogation retrait de sonde + surveillance de drain. À l'inverse, certaines IDEL n'appliquent pas la dérogation prévue par la NGAP et cotent ces actes en dégressif alors qu'ils sont facturables à taux plein dans ce cas précis, perdant ainsi des honoraires légitimes.
Facturer une majoration de nuit et de dimanche simultanément. Une seule majoration horaire s'applique par acte, jamais les deux en même temps.
Pour approfondir les motifs de rejet CPAM les plus fréquents sur l'ensemble des actes infirmiers, notre guide sur les erreurs de facturation à éviter détaille dix situations concrètes.
Ce que nous faisons chez Maison des Infirmiers
Maison des Infirmiers accompagne les IDEL sur l'ensemble de leur exercice libéral, de l'installation jusqu'à la gestion quotidienne de la facturation. Les actes techniques comme le sondage urinaire, souvent réalisés en tournée chez des patients âgés ou en sortie d'hospitalisation, génèrent fréquemment des erreurs de cotation qui pèsent sur le chiffre d'affaires réel. Notre accompagnement facturation vous aide à sécuriser ces cotations et à réduire vos rejets CPAM.
Pour une vue d'ensemble de la cotation NGAP applicable à l'ensemble de votre activité, consultez aussi notre guide complet de la facturation NGAP.
En résumé
- Le cathétérisme urétral (première pose) et le changement de sonde urinaire à demeure sont cotés AMI 3 chez la femme et AMI 4 chez l'homme.
- L'instillation ou le lavage vésical (sonde déjà en place) est coté AMI 1,25, un coefficient nettement inférieur.
- L'éducation à l'autosondage (AMI 3,5, max 10 séances) et la réadaptation de vessie neurologique (AMI 4,5) ne se cumulent pas avec le cathétérisme ou le changement de sonde.
- Le retrait de sonde urinaire (AMI 2) bénéficie d'une dérogation permettant son cumul à taux plein avec la surveillance de drain de Redon et une séance de surveillance postopératoire.
- La pose isolée d'un étui pénien (AMI 1) reste une alternative non invasive facturable une fois par 24 heures.
- Les majorations de nuit et de dimanche ne se cumulent jamais entre elles.
Sources officielles
Questions fréquentes
Experte en accompagnement IDEL chez Maison des Infirmiers, Camille accompagne les IDEL depuis leur installation jusqu’à leur gestion quotidienne.