La tarification des soins infirmiers libéraux en 2026 repose sur les lettres-clés NGAP : l'AMI (Acte Médico-Infirmier) valorisé à 3,15 € par coefficient (bientôt 3,35 € puis 3,45 € avec l'avenant 11), les forfaits BSI (BSA à 13 €, BSB à 18,20 € ou BSC à 28,70 € selon la dépendance), et l'IFD (Indemnité Forfaitaire de Déplacement) fixée à 2,75 € par visite. Ces tarifs conventionnés s'appliquent à tous les infirmiers libéraux (IDEL) ayant signé la convention nationale avec l'Assurance Maladie.
Tarification des soins infirmiers 2026 : AMI, BSI, IFD, guide complet
Comprendre la tarification de ses actes est une condition non négociable pour exercer sereinement en libéral. Entre les AMI, les forfaits BSI et les indemnités forfaitaires qui s'accumulent sur chaque feuille de soins, le cadre tarifaire infirmier reste complexe. Une erreur de cotation répétée sur une seule visite par jour représente plusieurs centaines d'euros perdus chaque année. Chez Maison des Infirmiers, nous accompagnons plus de 930 IDEL sur l'ensemble du territoire, et la facturation figure systématiquement parmi leurs premières préoccupations à l'installation. Ce guide présente les tarifs en vigueur en 2026 et les évolutions à venir avec l'avenant 11.
Les actes médico-infirmiers : valeur de l'AMI et cotations 2026
L'AMI (Acte Médico-Infirmier) est l'unité de référence pour la cotation des actes techniques infirmiers. Chaque acte est exprimé en nombre de points AMI, puis multiplié par la valeur unitaire pour obtenir le montant remboursable par l'Assurance Maladie.
Au 1er janvier 2026, la valeur d'un point AMI est fixée à 3,15 euros. Cette valeur est définie par la convention nationale des infirmiers libéraux et s'applique sur l'ensemble du territoire métropolitain et dans les DOM, hors majorations géographiques spécifiques.
Important : l'avenant 11 signé le 31 mars 2026 prévoit une revalorisation de l'AMI à 3,35 € fin 2026, puis 3,45 € en novembre 2027 (+9,5 % au total). Consultez notre article détaillé sur l'avenant 11 pour toutes les mesures et dates.
La cotation AMI concerne les actes prescrits par un médecin : prélèvements, injections, pansements, soins de stomie, poses et surveillances de perfusions. La prescription doit impérativement mentionner la nature de l'acte et sa fréquence pour que la cotation soit valide en cas de contrôle CPAM.
Principaux actes cotés en AMI et leurs montants
Voici les cotations les plus fréquentes dans la pratique quotidienne :
- Prélèvement sanguin veineux : AMI 3, soit 9,45 euros
- Injection sous-cutanée ou intramusculaire : AMI 2, soit 6,30 euros
- Injection intraveineuse directe : AMI 4, soit 12,60 euros
- Perfusion intraveineuse, installation et surveillance, première heure : AMI 8, soit 25,20 euros
- Pansement simple : AMI 2, soit 6,30 euros
- Pansement lourd et complexe, type escarre profonde ou plaie chirurgicale complexe : AMI 4 à AMI 8 selon le niveau de complexité
- Sondage urinaire ou instillation vésicale : AMI 4, soit 12,60 euros
La cotation exacte dépend toujours de la prescription médicale et du contexte clinique. Un acte mal coté, même légèrement, engage la responsabilité de l'IDEL en cas de contrôle. Notre service de gestion de facturation vous aide à sécuriser vos cotations dès le premier mois d'exercice.
Le BSI : forfaits BSA, BSB, BSC et tarifs 2026
Le Bilan de Soins Infirmiers (BSI) est le dispositif de financement des soins de nursing et de dépendance à domicile. Il remplace depuis plusieurs années l'ancien système de cotation par séance. Le BSI repose sur une évaluation clinique formalisée du patient, qui détermine le niveau de prise en charge et le forfait journalier applicable.
Le BSI concerne principalement les patients en soins continus à domicile : personnes âgées dépendantes, patients en sortie d'hospitalisation, malades chroniques polymédicamentés. Le financement est basé sur le niveau de complexité clinique réel de chaque patient.
BSA, BSB, BSC : les trois niveaux et leurs tarifs 2026
Le BSI classe chaque patient dans l'un des trois niveaux suivants, après évaluation formalisée à partir des grilles d'évaluation reconnues par la CPAM :
- BSA, niveau A, soins peu complexes : 13,00 euros par jour. Ce niveau concerne les patients autonomes ou peu dépendants, nécessitant des soins techniques simples et espacés.
- BSB, niveau B, soins modérément complexes : 18,20 euros par jour. Ce niveau s'applique aux patients avec une dépendance modérée, présentant plusieurs pathologies actives ou nécessitant une surveillance clinique régulière.
- BSC, niveau C, soins complexes : 28,70 euros par jour. Ce niveau cible les patients très dépendants, polypathologiques, en situation palliative ou nécessitant une coordination renforcée avec d'autres professionnels de santé.
Le niveau BSI est réévalué à intervalles réguliers, en général tous les trois mois pour les BSC, ou lors de toute modification significative de l'état du patient. Un changement de niveau sans réévaluation documentée peut être contesté par la CPAM.
BSI initial et renouvellement
- BSI-C (création) : 7 AMI, soit 22,05 €. Réalisé lors de la première prise en charge ou d'un changement significatif d'état. Le BSI-C est envoyé au médecin prescripteur dans les 48 heures.
- BSI-R (renouvellement) : 4 AMI, soit 12,60 €. Obligatoire tous les 6 mois pour les BSA/BSB, tous les 3 mois pour les BSC.
- Jusqu'à 2 bilans intermédiaires par an lorsque l'état du patient le justifie.
Le BSI ne peut pas être cumulé le même jour avec un forfait BSA/BSB/BSC, mais il est cumulable avec des actes AMI techniques réalisés le même jour.
Ce que change l'avenant 11 pour le BSI
L'avenant 11 signé le 31 mars 2026 crée une majoration MSG de 3,10 € associée au forfait BSC pour les patients les plus fragiles et dépendants (environ 40 000 personnes concernées). Les seuils SEGA seront définis à partir de 2028, puis abaissés en 2029. Les règles de cumul entre forfaits BSI et actes techniques sont également simplifiées. Détails complets dans notre article sur l'avenant 11.
Les indemnités forfaitaires : IFD, majorations et forfaits spécifiques
Au-delà du tarif de l'acte lui-même, la feuille de soins inclut plusieurs indemnités et majorations dont le cumul représente une part significative du revenu mensuel.
IFD, majorations et forfaits : les montants 2026
L'Indemnité Forfaitaire de Déplacement (IFD) est due pour tout acte réalisé au domicile du patient. Son montant a été revalorisé en février 2024 et est fixé à 2,75 euros par visite en 2026. Sur un volume de 2 000 visites annuelles, cette revalorisation représente 500 euros brut supplémentaires sans modifier l'organisation de travail.
S'ajoutent à l'IFD les indemnités kilométriques (IK) pour les déplacements en zones rurales ou difficiles d'accès. Le taux est de 0,62 euro par kilomètre en zone plate, et majoré en zone montagne ou en zone très sous-dotée.
Les majorations horaires s'appliquent dans les cas suivants :
- Majoration Dimanche et Jours Fériés (MDF) : 8,50 euros par acte, pour tout soin réalisé entre 0h et 24h un dimanche ou un jour férié
- Majoration de Nuit (MN) : 9,15 euros par acte, applicable entre 20h et minuit, et entre 5h et 7h
- Majoration de Nuit Profonde (MNP) : 18,30 euros par acte, applicable entre minuit et 5h
- Majoration d'Urgence (MU) : 20,30 euros, sur prescription médicale urgente uniquement
Ces majorations sont cumulables avec l'IFD mais soumises à des règles de facturation précises. Un cabinet qui organise ses gardes du week-end optimise significativement son chiffre d'affaires grâce à ces majorations. Utilisez notre simulateur de revenus pour estimer l'impact concret de votre organisation de gardes sur votre rémunération annuelle.
Le forfait de coordination (FC) vaut 14,50 euros et s'applique lorsque l'IDEL assure la coordination entre professionnels pour un patient complexe : limité à une facturation par semaine et par patient. Le forfait de traitement de plaie chronique (FPC), applicable aux escarres, ulcères et plaies diabétiques, s'élève à 10,50 euros par semaine, en complément des actes AMI. Ces deux forfaits représentent un gisement de revenu légal que la majorité des IDEL n'utilisent pas faute de formation spécifique.
Zones géographiques CPAM : l'impact sur vos tarifs et votre installation
La France est divisée en zones géographiques qui conditionnent à la fois les possibilités d'installation et les majorations tarifaires accessibles. Ces zones sont définies par les ARS en concertation avec les CPAM, sur la base d'indicateurs d'offre de soins actualisés chaque année.
Les cinq zones et leurs implications tarifaires
Le zonage actuel distingue cinq catégories :
- Zone très sous-dotée : accès libre à l'installation et majorations tarifaires de 20% sur les AMI et les BSI. Ces zones représentent une opportunité financière réelle pour les IDEL en début de carrière, avec un différentiel de revenu annuel qui peut dépasser 8 000 euros par rapport à une zone non majorée.
- Zone sous-dotée : installation libre avec majoration de 13% sur les actes conventionnés.
- Zone intermédiaire : installation libre, sans majoration ni restriction.
- Zone bien dotée : installation libre, sans aucune majoration.
- Zone sur-dotée : installation soumise à la règle du "une entrée pour une sortie". Un IDEL ne peut s'y conventionner que si un autre IDEL quitte la zone.
Ces zones sont réévaluées régulièrement et peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse selon les mouvements démographiques des professionnels de santé. Pour connaître votre zone actuelle, consultez notre outil vérifier ma zone CPAM, mis à jour en temps réel à partir des données ARS.
Choisir une zone sous-dotée ou très sous-dotée ne signifie pas exercer de manière isolée. De nombreux territoires disposent de maisons de santé pluriprofessionnelles, de groupements d'IDEL et d'une patientèle dense liée à l'absence de concurrence. Notre catalogue de cabinets aux normes ARS recense les opportunités disponibles sur ces zones, avec les informations de zonage associées pour chaque annonce.
Chez Maison des Infirmiers
La tarification des actes infirmiers est un terrain sur lequel les erreurs sont fréquentes et coûteuses. Entre les cotations AMI mal appliquées, le BSI insuffisamment maîtrisé et les indemnités sous-facturées, nous estimons que la perte moyenne pour un IDEL non accompagné dépasse 2 000 euros par an.
Nous proposons un service de gestion de facturation conçu spécifiquement pour les infirmiers libéraux. Il inclut une vérification des cotations habituelles, un audit des pratiques de facturation existantes, et une mise à jour lors de chaque revalorisation conventionnelle. Plus de 930 IDEL nous font confiance pour sécuriser leur facturation et optimiser leur rémunération dans le strict respect de la nomenclature.
Si vous démarrez en libéral ou préparez votre installation, notre guide complet IDEL détaille l'ensemble du cadre conventionnel, des cotations aux obligations déclaratives, pour que vous exerciez sans angle mort dès le premier jour.
Questions fréquentes
Experte en accompagnement IDEL chez Maison des Infirmiers, Camille accompagne les IDEL depuis leur installation jusqu’à leur gestion quotidienne.